Sciences de la vie et de la Terre

Cartographie et séquençage complet des gènes du CMH humain

01 / 09 / 2005 | Liliane Grandmougin | Migration

Les molécules
du Complexe Moléculaire d’Histocompatibilité (CMH), présentes
à la surface de toutes nos cellules, ont pour rôle de présenter
les antigènes aux lymphocytes T, déclenchant ainsi la réponse
immunitaire spécifique. L’ensemble des gènes du CMH humain
vient d’être séquencé et cartographié. La comparaison
de ces gènes avec ceux du CMH de poulet révèle une
évolution radicalement différente chez les deux groupes,
que les chercheurs résument par cette phrase : " Si l’Évolution
a choisi pour les oiseaux l’efficacité, l’économie, et le
travail d’équipe des gènes, elle a au contraire favorisé
chez l’Homme l’extravagance, l’expansion, et l’individualisme. "

Chez l’Homme,
le complexe HLA, porté par le chromosome 6, est éminemment
variable suivant les individus. D’une longueur de 3600 Kilobases, il comporte
128 gènes fonctionnels, très polymorphes au sein de la population
(c’est à dire prŽsentant de nombreux allèles, différents
suivant les individus), et 96 pseudo gènes. Au contraire, le complexe
CMH du poulet, dit locus B, ne mesure que 92 Kilobases et ne contient
que 19 gènes, avec peu d’éléments répétitifs,
des introns courts, et aucun pseudo gène. D’autres études,
portant sur des récepteurs lymphocytaires comme ceux des cellules
NK-natural killer, montrent également des différences entre
l’Homme et le poulet : chez le poulet, , les gènes de ces récepteurs
sont placés près du CMH de classe I, tandis que chez l’Homme
ils ne sont pas localisés sur le même chromosome que le CMH,
mais sur le chromosome 12. L’ensemble de ces observations montre que chez
le Poulet, l’Žvolution des récepteurs NK est très liée
ˆ celle du CMH, les deux ayant probablement subi une même pression
de sélection. La relative stabilité du CMH au cours de l’évolution
rend cette espèce moins adaptable aux variations de son environnement.

Chez l’Homme,
l’évolution des récepteurs lymphocytaires est au contraire
totalement déconnectée de celle du complexe HLA : le CMH
a évolué de manière indépendante, et s’est
diversifié beaucoup plus. Au cours de l’histoire de l’humanité,
les grandes épidémies ont sélectionné les
formes de molécules HLA les plus efficaces pour présenter
un antigène donné au système immunitaire : les individus
possédant les HLA les plus adaptés à l’agent pathogène,
avaient une plus grande chance de survie et ces gènes ont donc
pu être transmis. Dans ce cas, pour quelle raison ne retrouve-t-on
pas aujourd’hui les « mêmes » HLA chez tout le monde ? Probablement
parce que les populations humaines ont vécu en étant séparées
géographiquement : étant soumises ˆ des épidémies
différentes, leurs gènes du CMH ont été soumis
à des pressions de sélection différentes, ce qui
expliquerait la grande variété dans le nombre, la fréquence
et la séquence des allèles HLA.


Liliane Grandmougin

Pour
en savoir plus :

Nature (octobre
1999), vol 4 p 921-923

 

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