Sciences de la vie et de la Terre

http://www.ac-creteil.fr/svt/Doc/Constr_savoir/intro_de_vecchi.htm

01 / 09 / 2005 | Sacha Touille

Date : Septembre 2001

AUTEUR :
Gérard de VECCHI

Maître de conférence à l’IUFM de Créteil

Niveau concerné :

Collège - Lycée
Type
Didactique

 

face="Arial">ENSEIGNER LES SVT AUTREMENT ?


Sommes-nous véritablement
cohérents ?

" Placer
l’élève au cœur des apprentissages ".
Belle formule, avec laquelle tout le monde (ou presque) semble d’accord…
mais qui pose de gros problèmes quand il s’agit de la mettre
en oeuvre !

Les démarches
pédagogiques le plus souvent utilisées peuvent se résumer
de la manière suivante :

  • Le maître choisit une notion à enseigner.
  • Il définit des objectifs précis.
  • Il élabore une progression logique.
  • Cela débouche sur un ensemble d’activités ou exercices qu’il fait réaliser en classe.
  • Il évalue les acquis par un ou quelques autres exercices, voisins des précédents.

Cohérent n’est-ce
pas ?

Mais analysons plus
finement ce qui précède : le maître choisit,
définit, élabore logiquement (dans sa propre logique), demande
de réaliser, évalue… et l’élève
n’existe pas
 ! Est-ce cela placer l’apprenant au centre
du processus éducatif comme on nous le demande ? Est-ce développer
l’autonomie, la responsabilisation, est-ce faire intégrer
une nouvelle citoyenneté comme nous le désirons tous…
ou cela correspond-il essentiellement à apprendre la docilité
et l’obéissance ? Quelles sont, parmi les attitudes précédentes,
celles que nous avons tendance à développer dans nos classes sans
que nous en soyons toujours pleinement conscients ?

On oublie aussi que
seul l’élève peut apprendre. Aucun enseignant n’a
le pouvoir de le faire à sa place. Et « apprendre », ce n’est
pas prendre ce que celui qui sait nous donne mais élaborer soi-même
un savoir en profondeur. Chaque élève doit donc SE construire
SON propre savoir
. Cela implique qu’il ne soit pas seulement
« actif » (avec ses mains) mais aussi « acteur » (avec sa tête) !

Apprendre ce n’est
donc pas seulement « comprendre » ; c’est « faire du sens »
à partir d’éléments qui nous concernent.


Comment placer
véritablement les élèves au centre des apprentissages ?

· Les recherches
en didactique des sciences ont largement montré que lorsqu’on
ne prend pas en compte les représentations erronées des
apprenants, celles-ci persistent et même peuvent se renforcer.
Il est donc important de partir des conceptions des élèves,
de ce qu’ils sont, de ce qu’ils savent… de ce qu’ils
croient savoir, de ce qu’ils ignorent. L’analyse des conceptions
permet surtout de prendre conscience des obstacles qui empêchent
les savoirs de se construire.

  • Partir des conceptions des élèves, cela ne veut pas dire se contenter de les faire émerger puis de rectifier les erreurs. « Faire contre » s’avère le plus souvent inefficace. Nous savons aujourd’hui qu’il est nécessaire de « faire avec pour aller contre ». Il ne va donc pas falloir seulement construire un nouveau savoir mais aussi, en même temps, « déconstruire » celui qui préexistait. C’est pour cette raison que l’on tend, de plus en plus, à mettre les élèves face à des « situations-problèmes » qui les font entrer dans des démarches de recherches en les plaçant en face d’éléments qui contredisent leurs conceptions erronées. Ces situations-impasses donnent donc du sens aux apprentissages. Par les « ruptures » qu’elles portent, elles font naître un questionnement, avec de vraies questions d’élèves qui sont porteuses d’une dynamique de travail. Elles obligent à confronter ce que chacun croit avec la réalité, donc à modifier en profondeur ce qui existait dans sa tête. Apprendre, ce n’est pas "ajouter un élément à ce qui existe pour faire monter le niveau« . Apprendre, c’est »changer". C’est modifier ses conceptions en renversant les obstacles présents. C’est aussi se construire des modèles explicatifs abstraits pertinents et réinvestissables qui demandent un effort personnel de structuration. C’est enfin entrer dans une culture scientifique, dans un certain « état d’esprit ».
  • Pour tout cela, il est important de mettre en place des moments de « métacognition » (descendre de bicyclette pour se regarder pédaler !) c’est-à-dire permettre à chaque élève de se pencher sur lui-même, sur ce qu’il a véritablement appris, sur la manière dont il a appris, et sur les situations dans lesquelles il pourrait réutiliser ces savoirs. Cela correspond à des activités d’évaluation ouvrant sur une véritable auto-évaluation.

 

Vers une autre démarche pédagogique
  • Emergence des conceptions des élèves
  • Prise de conscience des certains grands obstacles
  • Définition d’objectifs prenant en compte ces obstacles
  • Mise en place de situations-problèmes construites autour des obstacles principaux
  • Démarches des élèves s’appuyant sur leur propre questionnement : le maître devient une personne-ressource.
  • Recherches des élèves aboutissant à l’élaboration d’un modèle explicatif abstrait (moments de structuration)
  • Moments de métacognition (ouvrant sur une prise de conscience de son propre fonctionnement et de ses acquis)
  • Transfert (réinvestissements dans d’autres situations).

Nous avons conscience
que cela constitue, en quelque sorte, une « révolution » dans les
pratiques pédagogiques. Cette démarche peut paraître
complexe à mettre en place. De plus en plus d’enseignants
tentent de l’utiliser. Il s’avère que le plus difficile
c’est peut-être d’OSER !







 

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