Sciences de la vie et de la Terre

Bonobo, biodiversité et activités humaines

18 / 09 / 2015 | Frédérique Théry

Cette activité est extraite d’un dossier proposant un ensemble de ressources pédagogiques autour du bonobo. Une exploitation possible de ces ressources en classe y est proposée, dans le cadre du programme de SVT du lycée.
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Bonobo, biodiversité et activités humaines

Niveau : 2nde
Lien avec le programme : La biodiversité se modifie au cours du temps sous l’effet de nombreux facteurs, dont l’activité humaine.

Exploitation possible : montrer à partir de l’exemple du bonobo que les activités humaines influencent la biodiversité.

Document 1. Les bonobos et leur habitat.

Document 1a. Le bonobo, un grand Primate du bassin du Congo.
Le bonobo ou Pan paniscus est une espèce endémique à la République Démocratique du Congo (RDC, ancien Congo Belge puis Zaïre). Il vit au plus profond de la forêt du bassin du Congo, dans une zone de forêt marécageuse située entre le fleuve Congo au nord et les rivières Kasaï et Sankuru au sud.
Le bassin du Congo couvre la deuxième forêt tropicale humide de la planète. Grande comme cinq fois la France, la RDC compte environ 86 millions d’hectares de forêt équatoriale, la moitié de son territoire. Elle abrite une biodiversité importante, avec des espèces de faune et de flore rares et des plus diversifiées – gorilles, éléphants des forêts, okapis et bonobos sont parmi les espèces les plus emblématiques. La forêt congolaise est une ressource vitale, tant pour l’environnement que pour les populations locales. Près de 40 millions de congolais dépendent d’elle pour pourvoir à leurs besoins. Une forêt partiellement classée au patrimoine de l’UNESCO et qui joue un rôle essentiel dans l’équilibre de la planète.

Document 1b. Répartition géographique des bonobos (zone verte).
GIF - 74.4 ko D’après : http://www.ansci.wisc.edu/jjp1/ansc...

Document 2. L’influence des activités humaines sur les populations de bonobo.
Estimée à environ 100 000 individus dans les années 1980, la population de bonobos ne compterait actuellement plus que 10 000 à 20 000 individus à l’état sauvage. La diminution dramatique de l’effectif des bonobos a de multiples causes, découlant toutes des activités humaines. L’habitat des bonobos, longtemps préservé grâce à l’inaccessibilité de la forêt tropicale, est désormais en train de disparaître en raison de la déforestation massive. Le braconnage alimente par ailleurs le trafic illégal de viande de brousse : les bonobos adultes sont tués, puis leur viande est fumée (viande dite boucanée) et vendue sur les marchés, alors que les plus jeunes bonobos, trop petits pour être mangés, sont revendus comme animaux de compagnie. Cette situation est la conséquence de l’expansion démographique du pays, qui compte désormais 68 millions d’habitants, de la pauvreté, ainsi que d’une décennie de conflits armés violents en RDC. Les populations fuyant les combats, à la recherche de nourriture pour survivre, consomment désormais les bonobos, en dépit des tabous ancestraux protégeant cette espèce. La présence de soldats armés, souvent mal payés, incite quant à elle à la chasse et au trafic d’espèces protégées.
Les bonobos sont pourtant protégés par les lois congolaises ainsi que par la CITES, la convention qui régule le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. A l’instar des rhinocéros, gorilles et chimpanzés, les bonobos figurent sur l’annexe 1 de la CITES, ce qui en interdit tout commerce. Ces réglementations sont malheureusement peu respectées, malgré les nombreuses saisies d’animaux par les autorités et les progrès dans la sensibilisation des populations autochtones.

Document 3. Enjeux économiques, sociaux et culturels de la préservation des bonobos.
« Le bonobo, qui vit exclusivement en République Démocratique du Congo, est considéré, comme tous les grands singes de la planète, comme en grand danger de disparition. Son principal prédateur est l’humain ! Les raisons sont diverses : expansion démographie incontrôlée, déforestation anarchique, utilisation des terres pour l’agriculture, pauvreté, manque d’éducation, trafic de viande de brousse, etc. Il y a pourtant bien des raisons de favoriser la cohabitation entre le bonobo et l’homme, tant sur le plan culturel, écologique que social.
Le bonobo est un symbole culturel traditionnel. La culture des peuples de cette forêt nous rapporte des légendes anciennes véhiculant le respect mutuel et la coexistence.
Aujourd’hui, socialement et économiquement, avoir des bonobos dans la forêt offre aux populations riveraines l’opportunité d’améliorer leurs conditions de vie. A travers l’encadrement des organisations paysannes par les ONG de conservation et leurs partenaires, les ménages bénéficient d’appui dans des projets en agriculture, élevage et pisciculture. De plus, ils leur permettent d’accéder aux services sociaux de base et à un emploi.
Il est crucial d’informer les populations de l’importance écologique de ce jardinier de leur forêt : le bonobo favorise les nouvelles repousses en disséminant à la ronde les grosses graines prédigérées des grands arbres à feuilles et à fruits, hôtes aussi des chenilles, une de leurs grandes sources de protéines. Sans eux, on sait que ces graines n’auraient pas le même pouvoir de germination et surtout se retrouveraient sous l’arbre et sa couverture ombragée avec peu de chance de survie. Au fil du temps, ces arbres disparaîtront. Le reboisement et l’agroforesterie assurés par le bonobo induisent l’accroissement des stocks de carbone, ce qui contribue à l’atténuation des conséquences néfastes du réchauffement climatique.
La protection des lambeaux forestiers permettra d’offrir un habitat plus propice à l’homme, la faune et la flore. Tout est lié sur notre Terre ! »
Claudine André, fondatrice du sanctuaire Lola Ya Bonobo (RDC).

Pour aller plus loin :
http://www.futura-sciences.com/maga...

 

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