Sciences de la vie et de la Terre

Les difficultés rencontrées

23 / 06 / 2013 | Patrice Nadam | Nathalie Lepouder | Vincent Audebert | David Bosdure

  Le smartphone, le fléau du préau ?

Le téléphone portable est devenu un outil usuel dans la vie courante. En 2009, 73% des 12-17 ans avaient un téléphone portable (Enquête TNS Sofres du 06/10/2009). Une étude plus récente précise que, parmi les 10-15 ans équipés d’un mobile, 45% ont un smartphone (Enquête TNS Sofres du 16/10/2010). Une autre enquête (Étude SIMM-TGI Youth de Kantar Media) montre que de 11 à 14 ans, les jeunes s’équipent rapidement en mobile : on passe ainsi de 30% à 80% de taux d’équipement en seulement 3 ans. A 15 ans, le taux de possession dépasse même celui de l’ensemble de la population française avec 92% des jeunes équipés, contre 82% chez les 25 ans et plus [1].

Cet équipement très important n’est pourtant pas mis à profit dans les établissements à des fins éducatives. L’UNESCO
parle “d’opportunité manquée” et pointe la nécessité d’éduquer au lieu d’interdire : “l’ignorance ou le bannissement des téléphones n’empêchent nullement les jeunes de s’en servir ... ils empêchent les éducateurs d’apprendre aux élèves à s’en servir d’une manière responsable.”

Si l’interdiction de l’utilisation des téléphones est stipulée en collège par le code de l’éducation (Code de l’éducation - Article L511-5), celle-ci est laissée à l’initiative des établissements en ce qui concerne le lycée. Les réalités sont donc variables mais il faut bien noter que l’interdiction reste la règle. Plusieurs établissements ont par exemple refusé que leurs professeurs expérimentent l’usage des téléphones dans le cadre du TraAM. 
Les craintes avancées : peur des dérapages et des débordements, peur de l’iniquité, souci de cohérence avec une interdiction formelle affichée par ailleurs (examen), montrent à quel point le sujet est sensible mais elles témoignent aussi du manque de maturité des acteurs de l’enseignement sur la question de l’éducation au numérique. Ceci n’a rien d’étonnant si l’on considère, par exemple, l’outil Google tendances qui permet de suivre les requêtes initiées sur ce thème (requête concernant le BYOD dans l’éducation). C’est un concept très récent, peu de personnes y sont encore sensibilisées.

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Le témoignage d’une des professeures impliquées dans le TraAM est instructif à ce sujet.


La première difficulté pour moi fut de convaincre l’équipe de direction. La directrice, toujours partante pour les innovations, a donné son feu vert, mais c’est une expérimentation qui n’est pas bien perçue par la majorité des collègues.
Les parents ont été confiants à condition que cela ne devienne pas un outil “imposé”, mais une proposition. J’ai toujours veillé à ne rien proposer au détriment des élèves non équipés.
Dans mes deux groupes, les élèves ont été ravis d’utiliser leurs smartphones même si une classe a été beaucoup plus sensible que l’autre. Au final, ils m’ont dit en faire un usage plus raisonné et ont découvert qu’ils utilisaient auparavant un nombre limité de fonctionnalités.”

L’UNESCO est consciente de ces écueils et propose les orientations suivantes dans Principes directeurs pour l’apprentissage mobile :

  • Assurer à tous les élèves et à tous les enseignants un accès égal à la technologie mobile et une participation égale à l’apprentissage mobile. S’ils ont opté pour le modèle BYOD, les gouvernements devraient prendre des mesures pour fournir le matériel portable et la connectivité aux apprenants qui ne disposent pas d’appareils personnels.
  • Il est préférable de permettre aux élèves de « posséder » leur propre appareil portable. Un des principaux avantages de l’apprentissage mobile est qu’il crée des possibilités éducatives à l’intérieur et à l’extérieur des établissements scolaires. Si les élèves n’ont pas la pleine propriété de leurs appareils, ils ont peu de chances de les adopter comme outils de formation personnalisée et d’en faire usage dans les contextes informels.
  • Encourager les ministères et les établissements d’éducation à négocier avec les distributeurs, afin de profiter du pouvoir d’achat représenté́ par une forte population d’apprenants.

  Une trop grande disparité

Lorsque l’équipement est suffisant (classes de terminales souvent), le problème de l’hétérogénéité des équipements se fait sentir. Les appareils sont très divers et se pose alors le problème de l’accessibilité des applications pour tous les systèmes. Blackberry a posé très souvent problème car il a sa propre banque d’applications. De nombreux élèves équipés d’Iphone 3S ne pouvaient plus faire de mise à jour de leur iOS bloquée à la version 4.2, alors que beaucoup applications nécessitent au moins l’iOS 5. La disparité des forfaits est aussi un obstacle. Très souvent, les forfaits des élèves offrent l’envoi illimité des SMS mais ne permettent par l’accès à internet via la 3G. Les élèves ont pour habitude d’utiliser les bornes Wifi pour se connecter au Web, mais que faire si le Wifi n’est pas disponible dans le lycée... ?

La solution adoptée par l’une des professeures a été de partager avec ses élèves l’accès Wifi de son propre smartphone. Malheureusement ce service est payant chez certains opérateurs et est très souvent limité (nombre d’appareils connectés, débit réduit ...). Par conséquent, seuls les élèves avec un abonnement 3G pouvaient mutualiser leurs travaux directement depuis la classe, à condition que les fichiers ne soient pas trop volumineux. On peut bien sûr proposer de différer l’envoi des documents, mais une fois chez eux, les élèves oublient souvent de faire les partages prévus dans le cadre de la classe.

[1Il est important de nuancer ce bilan par le fait que les 11-14 ans sont majoritairement équipés de téléphones d’entrée de gamme à moyenne gamme (70%), seuls les jeunes plus âgés ou plus socialement favorisés se tournent massivement vers les smartphones. Une professeure de notre TraAM enseignante dans un lycée APV de Seine Saint-Denis témoigne que 5 % de ses élèves de seconde sont équipés de téléphones perfectionnés.

 

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